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| [L'expansion] Master et mastère, alliés du cadre ambitieux |
| Dimanche 01 Février 2009 |
Pour lire l'article original sur le site de l'expansion, cliquer ici Laurence Estival - 01/02/2009Â -Â L'Expansion
Ces diplômes de niveau bac + 5 ou + 6 sont d'excellents moyens de relancer sa carrière ou de se spécialiser. Description et mode d'emploi de ces deux homonymes aux multiples ressources. Se reconvertir, ajouter une corde à son arc, évoluer... les raisons de se lancer dans une formation de niveau bac + 5 ou bac + 6 en cours de carrière sont légion. Avec plus de 2 800 masters professionnels et plus de 300 mastères spécialisés, les candidats n'ont que l'embarras du choix, une fois comprises les différences entre ces homonymes. Le master est un diplôme d'Etat délivré par les universités, qui permet la plupart du temps d'acquérir une spécialisation dans un domaine. Sur le plan pratique, grâce à la validation des acquis, on peut accéder directement en deuxième année. Certains cursus sont proposés à temps partiel pour coller aux emplois du temps des salariés. Les mastères spécialisés sont, eux, des labels accrédités par la Conférence des grandes écoles. Ouverts à des diplômés de niveau bac + 4 ou bac + 5, ils mettent davantage l'accent sur l'obtention d'une double compétence ou d'une expertise très pointue. Là encore, des écoles proposent des executive mastères à temps partiel. Il est possible de suivre ces deux cursus à temps plein grâce au congé individuel de formation (CIF). Choisir entre master et mastèreL'offre étant pléthorique, la sélection d'un master ou d'un mastère peut vite tourner au casse-tête. Un bon moyen pour écrémer est de ne pas se focaliser sur l'intitulé des formations, souvent « ronflant », mais de se concentrer sur la cohérence de son projet professionnel et sur la qualité de l'établissement délivrant le parchemin. « Faire une telle formation en reprise d'études n'a d'intérêt que si elle est suivie dans une très grande école, ou une université reconnue dans le domaine sélectionné ou ayant des connexions très importantes avec les entreprises locales, si l'on souhaite travailler en région », souligne Bernard Masingue, directeur des formations corporate à Veolia Environnement. « En achetant une marque, on achète aussi le réseau qui va avec », rappelle pour sa part Hervé Bommelaer, consultant en outplacement chez Leroy consultants (Groupe BPI). Quitte à payer le prix fort : de quelques milliers d'euros dans les universités pour un master, la facture peut s'envoler jusqu'à 20 000 euros pour un mastère dans les écoles les plus prestigieuses... Avant de vous lancer, veillez « à bien détecter les créneaux porteurs et à éviter de céder à des effets de mode. Vérifiez également que le programme envisagé offre un bon équilibre entre les enseignements académiques et pratiques », prévient Bernard Masingue. Pour les cadres souhaitant ajouter une corde à leur arc, regarder si des entreprises sont associées à des masters permet de s'assurer que l'on ne fait pas fausse route. D'ailleurs, les partenariats se multiplient : EDF ou Areva se sont rapprochés de Mines ParisTech dans le cadre du mastère ingénierie et gestion de l'énergie, l'éditeur de logiciels SAS et Capgemini accompagnent Grenoble Ecole de management dans un mastère spécialisé en informatique décisionnelle... Ces cursus proposent des stages ou des missions en entreprise, indispensables pour valoriser ensuite sa reprise d'études, surtout en cas de changement d'orientation professionnelle. Obtenir le feu vert de son employeurBâtir un projet cohérent, c'est aussi une condition sine qua non pour obtenir le feu vert de son employeur. « Quand un salarié souhaite suivre un master, je l'interroge sur ses motivations, confirme Maï-Thy Vessier, responsable du recrutement et de la mobilité d'Adecco. Quand il s'agit d'un projet de reconversion, je lui conseille de faire un bilan de compétences pour vérifier si sa démarche est réaliste. » Grégor Cernesson, 42 ans, ingénieur à STMicroelectronics, a pourtant eu du mal à convaincre son manager lorsqu'il a voulu suivre un master en management à l'IAE de Grenoble, afin d'évoluer vers des fonctions moins techniques. Malgré le scepticisme de sa direction, il s'inscrit pour suivre ce cursus de deux ans à temps partiel (un week-end sur deux), règle lui-même la facture de 8 000 euros et négocie avec son employeur pour libérer ses vendredis. Un investissement payant. Six mois après le début de la formation, il vient de recevoir les premiers encouragements : un poste en lien avec ses ambitions (se repositionner sur des fonctions transversales) lui a été proposé dans son entreprise. Sélectionner avec soin sa spécialisationDavid Gorisse désirait « travailler dans la finance en mettant à profit [son] expérience dans l'informatique ». Agé de 32 ans, cet ingénieur réseau télécoms de la société de services Team Partners a obtenu un CIF pour suivre le mastère spécialisé systèmes d'information pour l'entreprise, de la filière systèmes d'information pour la finance proposée par Télécom Ecole de management d'Evry. But du programme : transformer des ingénieurs en spécialistes du contrôle des risques pour les salles de marché. Un métier d'avenir. « Les problèmes auxquels les banques sont aujourd'hui confrontées mettent en évidence la nécessité de renforcer les outils d'aide aux traders et de sécuriser les opérations », remarque Xavier Genet, secrétaire général de la société de conseil Talan et parrain de ce cursus. L'école reçoit d'ailleurs des candidatures de golden boys en quête de reconversion... « Préparer un tel programme en temps de crise pour se repositionner quand l'horizon s'éclaircira est judicieux », remarque Philippe Cirier, PDG du cabinet de recrutement Opteaman. Acquérir une spécialisation pointue pour voler de ses propres ailes, c'est également le pari fait par Bertrand Lepinay. A 35 ans, après deux expériences dans la gestion des déchets, il a négocié un licenciement pour suivre le mastère spécialisé Energy management à l'ESCP-EAP, entre Oslo et Paris, qu'il finance lui-même à hauteur de 20 000 euros. Son objectif : conseiller les collectivités locales pour le développement de projets d'énergies propres. « On a accès aux meilleurs spécialistes », souligne celui qui, entre deux sessions, peaufine son projet. « Les recruteurs sont sensibles au fait que ces formations donnent accès aux connaissances les plus élevées dans un domaine. Et plus le secteur est porteur ou nouveau, plus les entreprises ayant des difficultés à recruter seront intéressées par ces diplômés », souligne Sidonie Couture, senior manager au cabinet de recrutement Robert Half. Si bien que, aujourd'hui, un bon master ou mastère peut représenter une véritable alternative à un MBA. S'inscrire à l'étranger, pourquoi pas ?Pour acquérir l'expérience internationale qui manque à leur CV, certains cadres n'hésitent plus à suivre une formation en dehors de nos frontières. Depuis deux ans, les cursus proposés par des établissements français sur leurs campus à l'étranger fleurissent : mastères spécialisés en finance de l'ESCP-EAP ou de Grenoble Ecole de management à Londres par exemple. Idem pour les institutions européennes destinées aux cadres français : master en management des ONG à la Cass Business School, ou en management à la London Business School. D'autres organismes s'associent à des partenaires étrangers. L'IFG-Cnof a signé un accord avec la New York University. « Le nombre de cadres préparant un master [ou un mastère] à l'étranger étant encore faible, le faire est une bonne façon de sortir du lot, observe Philippe Cirier. Mais il faut veiller à aller dans des institutions connues pour être crédible auprès de ses employeurs potentiels. »  |
